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Je pars en Corée pour le mariage d’Alain (un vieux collègue et ami).
Le nouveau terminal international de Haneda est bien nouveau mais il a l’air assez cheap et sous dimensionné, d’une certaine manière il a l’air raisonnable, les terminaux de Narita construit il y a pourtant longtemps ont l’air plus moderne.
Tout cela est fort intéressant, mieux vaut en rester là.

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Violente escalade

Le procès actuel plus ou moins médiatisé de parents bourreaux qui ont torturé durablement leur fille jusqu’à la tuer, dans ma situation actuelle me fait un peu réfléchir. Comment des parents plus ou moins normaux peuvent en arriver là ?

Je ne doute pas que les parents en question étaient un peu attaqués mais le fait de rentrer dans un cycle de violence n’engendrant pas forcement la mort est par contre un phénomène assez normal il me semble.

En ce moment notre fille est particulièrement chiante, depuis la naissance de son petit frère elle cherche notre attention (ce qui est normal) et comme un bon moyen d’avoir de l’attention c’est de faire des conneries, elle n’arrête pas de faire des conneries. On est fatigué, on dort pas assez… et du coup on ne réagit pas forcément très positivement aux provocations, plutôt que de chercher à calmer les choses on aurait plutôt tendance à l’engueuler, ce qui amplifie sa tendance à être chiante et du coup on l’engueule plus, je crie, … on est en plein cercle vicieux. De la violence verbale à la violence physique il n’y a qu’un pas qui n’est d’ailleurs pas forcement franchi la première fois par les parents. C’est bien sûr au parent de freiner l’escalade et d’éviter les dérapages et petit à petit réussir à sortir de ce cycle vicieux mais c’est pas facile.

Loin de moi toute idée de justification mais rentrer dans un cycle de violence au moment de l’arrivée du deuxième enfant me semble assez facile.

Sinon en ce qui concerne l’attitude de l’entourage, voisin, … nous avons moi et mon père été les témoins d’un cas assez similaire. Mon premier appartement au Japon avait une vue plongeante sur un appartement ou une famille avec deux enfants vivaient. Le bruit et nos nombreuses pauses cigarette sur le balcon on attire notre attention, et l’aine de leur deux garçons se prenait au moins une ou deux bonne branlées par jour avec de temps l’assistance de sa grand-mère maternelle qui venait en mettre une couche supplémentaire. Ça avait l’air horrible et je regrette encore de ne pas avoir prévenu la police, nous avons un jour crie pour faire cesser le carnage et le père est sorti sur le palier pour nous regarder. En l’occurrence le père était le témoin muet de la violence de sa femme et l’air avec lequel il nous a regardé ce jour-là était assez étrange, peut-être qu’il espérait qu’on appelle la police et que sa mégère de femme soit mis en prison… Il y a surement des centaines de témoins de violence qui comme nous n’ont pas osé appeler la police mais à ma décharge il est loin d’être facile (surtout quand on vient d’arriver dans un pays dont on ne parle pas la langue) de faire ce genre de démarche.

Je ne sais pas trop quoi dire mais il me semble que dans le cas de cercle vicieux violent, quand les parties en jeu n’arrive pas à prendre le recul nécessaire pour se rendre compte de leur situation un regard extérieur (pas forcément celui de la justice d’ailleurs) peut aider.

 

Une erreur de plus

Récemment la chef de EELV a dit quelque chose sur la légalisation qui me pose légèrement problème. Je cite :

“Afin d’assécher les réseaux de trafiquants, l’usage du cannabis sera légalisé et encadré, et son commerce sera réglementé”

D’après ce que j’ai pu voir quand je vivais en France et quand j’y étais jeune, les réseaux de trafiquant de cannabis profitent a une population beaucoup plus large que la simple mafia, il y des centaines de réseaux de petite taille, les voies d’acheminement sont vraiment nombreuses et au final ce trafic permet un transfert d’argent assez important des classes moyennes aisées vers toute une gamme de gens plus ou moins dans le besoin.

Je crois me souvenir de gens qui n’étaient pas forcement nés du bon cote de la barrière et à qui un petit trafic pratiqué à temps partiel permettait de vivre, de s’acheter des vêtements, d’aller en cours, de faire des études… Pour se sortir de la banlieue il faut savoir se débrouiller et se débrouiller passe souvent par ce genre de chose.

J’ai longtemps été pour une légalisation mais en vieillissant je m’aperçois que le système actuel, un peu hypocrite certes, a de nombreux avantages, notamment celui souligné par Hollande de permettre aux jeunes de braver un interdit a peu de frais. J’ai peur qu’une légalisation qui provoquerait un assèchement des réseaux de trafiquant ait des conséquences désastreuses sur nos banlieues et que le remède soit encore bien pire que le mal, pour faire de l’argent de poche certains seront contraint à dealer des drogues plus dures, et cela risque d’augmenter le taux de pénétrations de ces drogues dures (rabla et coke de mauvaise qualité) dans nos écoles.

Melolonthinae

J’ai remarqué à plusieurs reprises, et c’est pourquoi je me permet d’essayer d’en faire une règle, que le fait de dire du mal des gens semble les rendre plus sympathiques et que l’effet est presque immédiat. Le fait de dénoncer auprès d’un tiers un trait de caractère ou le comportement insupportable de quelqu’un aurait aussi tendance à faire disparaitre ou en tout cas réduire l’occurrence de cette agression, en tout cas la perception qu’on en a.

J’ai un moment pensé que ces plaintes arrivaient peut être jusqu’aux oreilles de la personne visée mais en fait il me semble que l’explication est beaucoup plus simple et que tout simplement évoquer le comportement insupportable de quelqu’un et la souffrance moral qui en résulte suffit à faire baisser sensiblement la pression et rend la contrariété nettement plus supportable.

C’est pas une grande découverte mais ça permet de relativiser nettement les souffrances venant d’autrui et de voir qu’il s’agit essentiellement d’une construction interne que a priori on doit être capable de déconstruire.

Finalement ce n’est pas en agissant sur les cons qu’on va les rendre plus supportable mais c’est en agissant sur soi. Il ne reste plus qu’à mettre ça en pratique et je sens que ça va pas forcement être facile.