Fukushima – 2050

En fait à bien y réfléchir il faut peut être reconsidérer la proposition des écolos.
La cible de passer à 50% de nucléaire d’ici 2050 devrait être reconsidérée sous un angle nouveau.

La consommation totale d’énergie d’origine nucléaire représente actuellement un peu plus 30% de la consommation totale d’énergie, 50% pour les énergies fossiles et un peu moins de 20% pour le reste.

Sachant que 50% de la consommation vient des ménages : chauffage, voiture personnelle … on peut considérer qu’un bon quart de la consommation actuelle totale d’énergie et donc la moitie des énergies fossiles part dans les réservoirs de nos voiture, chaudière, plaques à gaz …

Aujourd’hui la priorité est où ? Diminuer notre dépendance aux énergies fossiles ? Essayer de garder un peu de ces ressources pour les générations futures ? Limiter l’impact que pourrait avoir la consommation de cette énergie sur la planète (apparemment il y aurait encore débat sur la question de l’impact des émissions de gaz à effet de serre sur le réchauffement… visiblement le lobby pétrolier est encore plus influent que je pensais) ?

Passer à 50% d’énergie nucléaire d’ici 2050 très bien, mais alors il est temps de commencer à construire les 20 EPR supplémentaires dont nous allons avoir besoin pour atteindre cet objectif.

Avec quoi allons-nous remplir les batteries des centaines de milliers de voitures électriques qui bientôt rouleront sur les routes de France? Avec des centrales thermiques? A quoi cela rime-t-il de rouler en Allemagne par exemple avec une voiture électrique? Le bilan carbone est bien pire si l’électricité sort d’une centrale électrique thermique, seul le bilan « bonne conscience » est bon.
Le fait que nous allons avoir besoin de doubler au moins notre production électrique d’ici 50 ans est une évidence et le nucléaire est malheureusement la seule solution. Il est urgent d’investir dans la recherche et surtout d’investir dans la construction de nouveaux réacteurs, on ne peut aujourd’hui se dire écologiste et dire le contraire.
Le parti écologiste français ressemble plus à une église dogmatique qu’à une force de progrès.

En fermant le surgénérateur Superphénix en proposant maintenant de mettre fin à la construction de l’EPR quel est le but recherché ?

On parle aussi de tirer les conclusions de la catastrophe de Fukushima, très bien, alors soyons un peu plus objectifs et regardons plutôt la centrale Fukushima 2 (Dai Ni).
Cette centrale situé à 10km au nord de celle qui a fuit était de conception un tout petit peu plus récente, c’était toujours des réacteurs à eau bouillante véritables usines à faire du plutonium, centrales à des années lumières de l’EPR par exemple en terme de sécurité (pour information le but de l’EPR est de faire de l’électricité pas des bombes…). Cette centrale s’est pris le même tremblement de terre suivi du même Tsunami, et il ne s’est à peu près rien passé. Léger problème au placement des barres de contrôle (problème lié à la conception merdique de ce type de centrale) mais bon fondamentalement rien de mal.
Si les autorités et le régulateur japonais avaient fait leur boulot jamais la centrale 1 n’aurait explosé, c’est un scandale certes mais il ne remet pas en cause la sureté de la filiale mais la capacité des japonais à regarder les problèmes en face.

Le fait qu’une centrale de très mauvaise qualité construite à un très mauvais endroit subissant une des pires catastrophes naturelles qu’ai connu le pays ai connu de gros problèmes ne remet absolument pas en cause la fiabilité du parc nucléaire français, aucun pays n’a pensé a fermer ses usines chimiques suite à la catastrophe de Bhopal.

La seule conclusion à tirer de cet incident c’est que le Japon et surtout les autorités de régulation japonaises sont complètement inefficaces et pas du tout indépendantes. Des dizaines de rapports avaient pointé les risques qu’il y avait à continuer à exploiter le site sans modifications des systèmes auxiliaires. Une simple ligne à haute tension enterrée aurait suffit à éviter la catastrophe. Les enseignements à tirer, l’apres Fukushima, … toutes ces expressions sont utilisées à tort et à travers, la réalité c’est qu’il y a de gros dysfonctionnements dans les grandes entreprises japonaises, une opacité, une tendance à éviter les problèmes qui dans ce cas particulier a amené à une catastrophe industrielle. Le vrai enseignement à tirer c’est qu’on ne peut confier à une entreprise privée dont le but principal est la recherche du profit à court terme l’exploitation de centrales nucléaires, de la même manière on peut se demander si on peut confier les activités des banques à des entreprises privées dont le but principal est la recherche de profits à court terme…